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Appel pour la création d'un observatoire des suicides

Lancée par Denis MAILLARD le 13-02-2012, close le 30-09-2012

Cette pétition a été remise aux destinataires suivants :

  • Ministre de la Santé et du Travail

APPEL DES 44 POUR LA CREATION D'UN OBSERVATOIRE DES SUICIDES ET DES CRISES SUICIDAIRES EN FRANCE

130 000 tentatives et plus de 11 000 morts par an, un record et un drame! Le taux de suicides en France est aujourd’hui l’un des plus élevés de l’Union européenne. Confrontée à des crises suicidaires, l’opinion s’émeut et le gouvernement compatit mais tous semblent impuissants à imaginer que l’on puisse inverser la tendance.

Alors qu’en 1993, le Conseil économique et social recommandait déjà de traiter le suicide comme grande cause de santé publique et de se doter d’outils d’observation, d’autres pays y sont arrivés avec succès comme la Suède et la Grande-Bretagne.

La question lancinante du suicide est devenue incontournable dans le débat public. Elle touche les seniors, les jeunes, les familles mais aussi les entreprises, le monde agricole, les ministères, les services publics (police, pénitentiaire, hôpitaux…). Le pire serait de continuer à discuter de cette question dramatique sans que rien ne se fasse et qu’au bout du compte un suicide puisse devenir banal voire acceptable.

Voilà pourquoi au mois d’avril 2011, Technologia, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques professionnels, interpelait le ministre du Travail et de la Santé en réclamant à son tour la création d’un observatoire des suicides en France. Dans le Monde du 29 avril, sept praticiens et chercheurs appuyaient cette demande.

La France, en effet, ne pourra mener des politiques de prévention efficaces qu’en se dotant enfin d’un instrument de connaissance et d’aide à la décision des pouvoirs publics, un «Observatoire des suicides et des conduites suicidaires». Cette initiative permettra de fédérer des acteurs professionnels et associatifs tant sur le champ de la santé publique, le champ du social que celui du travail.

1 – L’Observatoire des suicides doit être doté de moyens propres lui permettant de mener des études épidémiologiques et cliniques, prenant en compte, par exemple, l’effet de certains événements de société comme la crise qui nous frappe depuis 2008. Ces études faciliteront la connaissance des populations les plus exposées, leurs caractéristiques, leurs lieux de vie et leurs conditions de travail (ou de chômage) et l’évolution dans le temps du taux de suicide. Cet observatoire, doté de moyens d'analyse, de synthèse et de publications doit permettre à l’opinion et à l’ensemble des acteurs sociaux de notre pays d’appréhender la dimension multifactorielle des suicides et notamment celle liée aux situations de travail dégradées. Elle favorisera de cette manière la connaissance des nouvelles formes d’expression cliniques et sociétales en relation avec les évolutions des organisations du travail. Il doit pouvoir s’appuyer sur les travaux des centres référents et représentatifs de la diversité territoriale (les services de médecine légale en cas de décès ; les services d’urgence psychiatriques en ce qui concerne les tentatives de suicides. Mais aussi les services de santé au travail qui sont en première ligne en cas de suicide en milieu professionnel).

2 – L’Observatoire des suicides doit être pluridisciplinaire, associant des praticiens hospitaliers en psychiatrie et médecine légale, des médecins, des médecins du travail, des psychologues, des sociologues et des chercheurs en sciences sociales. Il doit être ouvert aux représentants d’associations impliquées dans la prévention des suicides. Ce brassage des intelligences est le pendant de la mise en commun des données disponibles et du partage des bonnes pratiques. Ce recueil offrira par exemple la possibilité d’analyses croisées et anonymes (selon les recommandations de la Cnil) du contenu des dossiers de police ou de gendarmerie, ceux de médecine légale, notamment les recherches toxicologiques, ainsi que les antécédents médicaux (pathologies, hospitalisations, traitements médicaux) conservés par l’Assurance maladie et les caisses de prévoyance. Pour les tentatives de suicides, il s’agira aussi de bien connaître les facteurs de risques associés à tels gestes et d’analyser les modalités de prise en charge pour mieux prévenir la répétition des passages à l’acte.

3 – L’Observatoire des suicides doit être reconnu et indépendant. Afin de garantir sa pluridisciplinarité, son indépendance et sa capacité à éclairer les politiques publiques, l’Observatoire pourrait alimenter les réflexions d’une mission interministérielle à l’instar de celle chargée de lutter contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).

4 - L’Observatoire des suicides doit promouvoir une meilleure prévention par la connaissance des phénomènes suicidaires et la conduite d’investigations ciblées qui permettront de sauver des vies, aujourd’hui enfermées dans le désespoir. Il permettra également de formaliser des réseaux d’alertes et de prises en charge à tous les niveaux curatifs et préventifs. Nous en sommes convaincus, « l’Observatoire des suicides et des conduites suicidaires » sera l’un des instruments favorisant la sortie de cette période de transition douloureuse que connaît actuellement notre pays. A l’heure du bilan des politiques développées en matière sociale, nous appelons à la création de cet Observatoire. La France doit se donner les moyens de relever le défi des suicides.

Les 44 premiers signataires

1 - Michel DEBOUT, Professeur de médecine légale, ancien membre du Conseil économique, social et environnemental

2 - Norbert ALTER, Professeur de sociologie

3 - Vincent DE GAULEJAC, Professeur de sociologie clinique

4 - Brigitte FONT LE BRET, Médecin psychiatre

5 - Marcel LOUREL, Professeur de psychologie, membre du Haut Conseil de la Santé Publique

6 - Christian LAROSE, Syndicaliste, ancien vice-président du Conseil économique, social et environnemental

7 - Bernard SALENGRO, Médecin du travail

8 - Jacques VEDRINNE, Médecin psychiatre

9 - Pierre MUSSO, Professeur à l'Université de Rennes II, ex-membre du conseil d'administration de France Télécom

10 - Danièle LINHART, Professeur de sociologie et directrice de recherches au CNRS

11 - Marie-Christine SOULA, Médecin, consultation «souffrance au travail» (Hôpital Cochin)

12 - Claude COMPAGNONE, Maître de conférences en sociologie des organisations

13 - Emmanuelle LEPINE, Psychologue clinicienne, ancienne responsable du service de soutien psychologique opérationnel de la Préfecture de police de Paris

14 - Anne PIGNAULT, Maître de conférences en Psychologie du travail

15 - Nicolas PASTOUR, Médecin psychiatre

16 - Véronique MALLAT, Médecin psychiatre et membre du Groupe d'Etude et de la prévention du suicide (GEPS)

17 - Vincent CESPEDES, Philosophe

18 - Véronique FOUILLERON, Médecin psychiatre au service ERIC à l'hôpital Charcot

19 - Axel KAHN, Médecin généticien, président de l'Université Paris Descartes et directeur de recherche à l’Inserm

20 - Pascale DESRUMAUX, Professeur en psychologie du travail

21 - Pierre ANGEL, Médecin psychiatre et Professeur des universités

22 - Sylvie ANGEL, Médecin psychiatre

23 - Isabelle FERRAND, Chef de Service de Psychiatrie hôpital Cochin Hôtel-Dieu Broca

24 - Denis GARNIER, Syndicaliste, membre du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Hospitalière

25 - Liliane RIOUX, Professeure de Psychologie du Travail et de l'Environnement

26 - Daniel LESTRINGANT, Pasteur et membre du comité éthique et scientifique de l'UNPS

27 – Didier ANTHOR, Psychologue et philosophe

28 – Philippe CORDONNIER, médecin du travail

29 – Nicole AUBERT, Professeur de sociologie

30 - Florence GIUST-DESPRAIRIES, Professeur de sociologie clinique

31 - Fabienne HANIQUE, Maître de conférences en sociologie clinique

32 – Stéphane AUDIARD, Médecin psychiatre

33 - Dominique TRESGOTS, Inspecteur d'académie honoraire

34 - Christian JAUTROU, Médecin en santé au travail

35 - Bernard MORAT, Médecin du travail

36 - Sophie GUIONNET, Médecin psychiatre

37 – Loïc LEROUGE, Chargé de recherche au CNRS

38 - Philippe VIDAL, Responsable d'Unité Educative à la Protection Judiciaire de la Jeunesse

39 - Christiane DE BEAUREPAIRE, Psychiatre des hôpitaux

40 –Yves SARFATI, Professeur de psychiatre et psychanalyste

41 – Patrick HARDY, Professeur de psychiatrie

42 – Marie-France HIRIGOYEN, Médecin psychiatre

43 – Boris CYRULNIK, Médecin psychiatre

44 - Jean-Claude DELGENES, Directeur général de Technologia
 

Cette pétition est close.

Cette pétition a été signée 69 fois.

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Les derniers commentaires

  • Philippe L., Citoyen (St-Paul-de-Varces)

    A signé le 01-04-2012

    Il est temps de se pencher sur l'exception française qui nous met dans le peloton de tête à la fois de consommateurs de psychotropes et de candidats au suicide...

  • ANDRE C., PROFESSEUR (ARGENTAN)

    A signé le 15-03-2012

    Bnjour,

    En tant que professeur, je fus et reste touché par le suicide de plusieurs de mes élèves - 19-23 ans. Or, je les ai connus pendant 1 à 3 ans. C'est si inattendu qu'un tel choc est une grave et insupportable violence. C'est même un impensable. On connaît ces jeunes, on parle aux inter-cours, ils se confient à nous de ce qu'ils ne disent pas à leurs familles, on les encourage dans leurs études. Pour moi-et je ne suis pas le seul-mes élèves étaient un peu 'mes enfants' que j''aidais à s'élever vers la lumière de leurs vies, ils préparaient leur avenir. Et, soudain, la nouvelle tomba, terrible douleur, comme une réalité impossible. Je ne parvenais pas à y croire. Je n'ai pu aller en enterrer aucun, c'était au-dessus de mes forces.Les enseignants ne sont pas formés à une telle situation.Pourquoi ? Les autorités académiques craignent-elles que le fait d'en parler soit 'contagieux' ? Ce qui est inexact. Il faudrait absolument donner des téléphones de support moral aux élèves, dès la rentrée annuelle, leur montrer qu'ils ne sont pas seuls, etc-Il faut créer une formation obligatoire pour le monde enseignant, pour éviter de laisser les professeurs dans un marasme psychosocial et avec des répercussions si douloureuses. Différemment, j'en ai perdu d'autres, 20-24 ans, par accident de la route, par soudaine affection ( anévrisme, leucémie...), dont l'un d'eux sous nos yeux, impuissants que nous étions à réagir sinon appeler de l'aide. C'est aussi notre intolérable rapport à la mort si jeune, et à notre mort. Je ne suis pas encore remis, et s'en remet-on, 'comme avant' ?-Aucune de mes élèves n'a fait de T.S.-Bon courage à mes collègues enseignants ! SIGNEZ la PETITION pour créer l'Observatoire des suicides, svp, pour nos jeunes élèves - et pour tout le monde - et apprenons à voir au-delà de nos yeux. Aussi, que des parents soient mieux à l'écoute de leurs enfants. Et, les uns pour les autres, soyons ATTENTIFS et ATTENTIONNés !-ANDRE CLDT-professeur.

     

     

     

  • Gilles B. (BOVEE SUR BARBOURE)

    A signé le 14-03-2012

    Il serait intéressant de distiguer les suicides dans les sociétés (résultat d'un stress imposé) et les autres provoqués par les blessures de la vie

  • pierre-francois h., intérimaire (neuvic)

    A signé le 13-03-2012

    Je me suis permis de relayer l'info et le lien de la pétition sur un forum comptant 500 000 membres

  • ali&martine ossuly, retraité&C.S.E. (gonesse)

    A signé le 13-03-2012

     Les roles préventives avant tout et les protections du soignes indispensables:,,,,,,,,,

  • Daniel ROBERT, retraité (MARCOUSSIS)

    A signé le 12-03-2012

    A ce sujet la médecine du travail qui coute très cher aux employeurs est une parodie et est totatement inefficasse pour détecter les personnes en souffrance. Une grande partie de cet argent pourrai etre investie dans une médecine du moral des employés.

  • Alain CERTHOUX, retraité de la fonction territoriale (BOULANCOURT)

    A signé le 12-03-2012

    Notre société fonctionne et "tient" debout grâce à ses travailleurs, ils doivent être respectés et considérés, quelque soit leur niveau. 

    Note personnelle, relative à mon expérience professionnelle passée : il y a trop de " commandeurs", et pas assez de "bras", car ce sont ceux qui "bossent" avec leurs bras qui réalisent et donne leur vraie vie aux projets quels qu'ils soient ... " Pas de fourmis = pas de fourmilière ". 

  • gwendoline s., mademoiselle (MOTROUGE)

    A signé le 12-03-2012

    Que peut-on apprendre de "nos" suicidés ?

    Allons-nous continuer à détourner notre regard et voiler leur visage de notre indifférence?

    Il est sain que des médecins, sociologues, psychologues, philosophes, ect... s'interrogent et se mobilisent pour penser le suicide, car cette problématique est diverse et necessitera sans doute des réponses plurielles.

    Aux hommes politiques d'écouter ensuite pour peu-être "repanser" la société.

  • Claudine CERTHOUX, retraitée fonction territoriale (BOULANCOURT)

    A signé le 12-03-2012

    Il est temps que le travail reprenne sa fonction d'affirmation de soi et de donner une vraie place dans la société.

  • Carole et Jean-Claude Champeau, Publiciste et infographiste (Saint-Quentin-la-Chabanne)

    A signé le 12-03-2012

    Il faut absolument que cet observatoire soit créé. Mais il faudra aussi s'attaquer aux causes de l'augmentation des suicides en France : l'ultra-libéralisme et son cortège d'inhumanités.
    Nous vous invitons à signer nos pétitions en ligne :
    http://www.petitionduweb.com/Petition_trop_chers_les_carburants_-11109.html
    http://www.petitionduweb.com/Petition_trop_chere_la_nourriture_-11116.html
    http://www.petitionduweb.com/Petition_trop_cher_le_logement_-11115.html
    http://www.petitionduweb.com/Petition_trop_cheres_les_energies_-11114.html
    http://www.petitionduweb.com/Petition_trop_chere_la_sante_-11117.html
    Tous sensemble, pour une vie meilleure !
     

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